La Loge des Gardes

La grande histoire du petit train

Ce fut une grande aventure, aussi bien humaine que technique. Le petit train de La Loge des Gardes a été le premier chemin de fer touristique Far West de France. Pour bien comprendre son histoire, il faut remonter le temps, à la fin des années 60 (1967). Tout a commencé sur une une idée simple : pourquoi ne pas faire un train à vapeur américain à l’échelle ½ ?

Il n’en fallait pas plus pour que tout démarre : création d’une association loi 1901 regroupant les personnes intéressées par le projet, recherche d’un lieu d’exploitation, de financement publique et privé. Déjà la construction de la machine était largement entamée à cette époque. Plus tard la constitution d’une société commerciale permit de réunir les fonds nécessaires, le petit train de la Loge des Gardes allait enfin voir le jour.

Après de nombreuses péripéties, l’inauguration avait lieu pour Pâques 1972.

 

Le parcours

Le lieu choisi pour le départ fut le Gué de La Chaux (altitude 1037 m),  situé près de Roanne (environ 30 km), non loin de la  station La Loge des Gardes, dans les Monts de la Madeleine (d’ou le nom de la machine : Magdalena), on y trouvait le dépôt, la gare des voyageurs, le château d’eau, une remise pour les wagons et le saloon.

 

 

La locomotive commençait son parcours en franchissant le “Boën” par un pont en bois de 60 m, construit entièrement sur place par l’équipe des promoteurs. Puis, la voie montait jusqu’au “Mépart” à 1055 m d’altitude et entrait dans l’Allier.

 

Ensuite c’était la longue descente jusqu’à la Grande Ecluse en franchissant de petites rivières dont le “SAPEY”, les touristes pouvaient découvrir une magnifique gare digne de l’Ouest américain des années 1870, tout en rondin. Elle accueillait les voyageurs à la Grande Ecluse pour une courte halte, où ils pouvaient contempler une manoeuvre de la locomotive, sur une plaque tournante, qui lui permettait de venir se remettre en tête du convoi. Nous avions ainsi parcouru 2,5 km avec des rampes atteignant 4 %. Le retour se faisant par la même ligne, une petite promenade bien agréable qui durait environ une demi-heure. Pour pousser la nostalgie du Far West un peu plus loin, une magnifique diligence fut construite, tirée par 4 chevaux (le SAPEY express) complétait parfaitement le petit train.

 

Le matériel roulant

 

Une machine à vapeur fut construite à l’écartement de 70 cm. Le type 440 Américain était retenu tant pour son esthétique que pour ses qualités de tenue de voie. Le boggie avant permettait une marche sur une voie comportant de faibles rayons de courbure. La chaudière construite dans une entreprise roannaise a été timbrée par les mines en 1971. La pression de fonctionnement était de 9 bars (pression d’essai de 16 bars). La chaudière à tubes de fumée, d’une surface de chauffe de 15,6 m2, utilisait un brûleur à  fuel, et après dix ans de fonctionnement, n’avait subi aucune dégradation et était toujours en parfait état. La machine développait une puissance d’environ 100 ch qui lui permettait de tirer deux wagons plats découverts construits spécialement pour le fonctionnement d’été. Un combine-car fut construit pour le fonctionnement par temps pluvieux.

 

L’exploitation

 

L’exploitation commerciale commencé le 25 Mars 1972, s’est terminée le 10 octobre 1982. L’affluence, très bonne au début, déclina lentement par la suite, pour plusieurs raisons : la clientèle n’était pas (ou peu) une clientèle de passage et de plus, en raison de l’altitude, les conditions météorologiques étaient souvent défavorables.

C’était la fin de l’aventure dans le cadre de la montagne bourbonnaise. Les responsables avaient découvert un lieu plus favorable. Le Syndicat des Communes Riveraines du Barrage de Villerest, qui eut, entre autres attributions d’organiser l’aménagement touristique du site, a été  pour le “chemin de fer de la Loge des Gardes”, une opportunité qui permettait le redémarrage de l’exploitation.

Le rendez-vous avait été donc pris pour la saison suivante le long du Barrage de Villerest, au départ du Belvédère de Commelle-Vernay, sur une ligne de 3 KM 500. La locomotive d’origine de type 440 deviendra une SHAY… mais tout ceci est une autre histoire.

 

Remerciements

 

A l’équipe du Petit Train de la Loge des Gardes pour leur patience et le prêt de leurs documents ainsi que l’autorisation de reproduction.

Et enfin à vous, visiteurs du site Web du CMFR, qui avez pris le temps de lire ces documents, en espérant avoir réveillé de bons souvenirs.

C. Colombiès